
Le décret-loi royal 3/2016 du 2 décembre a introduit des mesures très pertinentes qui ont conduit à une augmentation significative des taux d'imposition sur les sociétés depuis l'exercice 2016, telles que la reprise automatique des pertes de valeur sur actions ou une limitation plus importante de la compensation des bases fiscales négatives pour les entités ou groupes fiscaux dont le chiffre d'affaires net dépasse 20 millions d'euros, entre autres.
Nous souhaitons vous informer que l'admission pour traitement de la question d'inconstitutionnalité 2577/2023 relative au décret-loi royal 3/2016, qui adopte des mesures dans le domaine fiscal visant à la consolidation des finances publiques et d'autres mesures urgentes en matière sociale, en raison d'une possible violation des articles 86.1 et 31.1 CE, a été publiée au BOE du 8 juillet.
Depuis l'entrée en vigueur du décret-loi royal 3/2016, des mesures ont été mises en œuvre qui ont eu un impact significatif sur les taux d'imposition des sociétés à compter de l'exercice 2016. Ces mesures ont concerné de nombreux contribuables et groupes fiscaux, entraînant une augmentation considérable de ces taux.
Parmi les modifications les plus notables introduites par le décret-loi royal 3/2016, on peut citer les suivantes :
a) Reprise systématique, par leur inclusion dans l'assiette imposable de l'impôt sur les sociétés, des pertes de valeur sur les participations dans des entités. Cette reprise a été appliquée annuellement à un taux minimal de 20 % au cours des exercices 2016 à 2020, indépendamment du traitement comptable appliqué et qu'une récupération de la valeur de ces investissements soit intervenue ou non.
b) Réduction des pourcentages applicables à la compensation des bases d'imposition négatives pour les contribuables dont le chiffre d'affaires net de l'exercice précédent est égal ou supérieur à 20 millions d'euros. Ces pourcentages ont été réduits à 50 % si le chiffre d'affaires est compris entre 20 et 60 millions d'euros, et à 25 % s'il est supérieur à 60 millions d'euros.
De plus, pour ces contribuables, l'application des déductions pour double imposition des dividendes et des gains en capital, tant au niveau national qu'international, établie dans la précédente loi sur l'impôt sur les sociétés, a été limitée à 50 % de l'impôt total dû.
c) Non-déductibilité des pertes générées lors du transfert d'actions du capital de sociétés qui répondent aux conditions d'application de l'exemption de l'article 21.3 de la loi sur l'impôt sur les sociétés.
Dans le cas où le décret-loi royal 3/2016 serait déclaré inconstitutionnel, les entreprises et les groupes fiscaux pourraient récupérer les frais payés en vertu de ces mesures au cours d'années fiscales non prescrites.
Il est toutefois important de noter que les arrêts récents de la Cour constitutionnelle en matière fiscale ont limité leurs effets aux cas dans lesquels les déclarations affectées par la règle déclarée inconstitutionnelle ont été contestées et ne sont pas définitifs à la date d'entrée en vigueur desdits arrêts.
En résumé, l'admission du recours constitutionnel relatif au décret-loi royal 3/2016 a engendré une incertitude quant aux mesures adoptées et à leurs conséquences sur l'impôt sur les sociétés. Par conséquent, les entreprises et les groupes fiscaux concernés devraient évaluer l'impact de cette situation et explorer les voies de recours juridiques possibles pour recouvrer l'impôt dû si le décret-loi était déclaré inconstitutionnel.
Notre équipe d'experts fiscaux est à votre disposition pour vous conseiller et vous accompagner dans cette démarche. N'hésitez pas à nous contacter pour discuter des conséquences possibles pour votre entreprise et des mesures à prendre.
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