
Nous analysons les raisons pour lesquelles la Cour constitutionnelle déclare nulle et non avenue la mesure introduite par le décret-loi royal 12/2012
En quoi consistait cette « amnistie fiscale » ?
En 2012, les recettes de l' Agence fiscale étaient en chute libre. Face à la hausse de l'impôt sur le revenu et à la préparation d'une augmentation de la TVA, le ministère des Finances a décidé de mettre en œuvre une amnistie fiscale, visant initialement à collecter 2,5 milliards d'euros (environ 3 % du PIB).
Cette amnistie a été instituée par le décret-loi royal 12/2012, dans sa première disposition additionnelle.
Le principal mécanisme consistait à régulariser la situation fiscale de ceux qui possédaient des biens ou des droits non déclarés aux autorités fiscales, en soumettant une déclaration fiscale spéciale qui exigeait l'application d'une taxe de 10 % sur le montant ou la valeur de l'acquisition des biens ou droits déclarés.
Le Trésor a perçu 1,2 milliard d'euros, soit moins de la moitié des sommes prévues. 31 000 contribuables programme, régularisant ainsi près de 40 milliards d'euros d'arriérés d'impôts.
Pourquoi la Cour constitutionnelle a-t-elle annulé cette mesure ?
La Cour constitutionnelle, par son arrêt n° 73/2017, a déclaré l'amnistie nulle et non avenue. Elle a fondé sa décision sur la violation d'une des limites substantielles que la Constitution impose aux décrets-lois royaux. Conformément à l'article 86.1 de la Constitution, cet instrument législatif ne peut porter atteinte aux droits, devoirs et libertés des citoyens, tels que définis au Titre I de la Constitution. L'article 31.1 de ce Titre I établit l'obligation pour tout citoyen de contribuer au financement des dépenses publiques, en fonction de ses capacités économiques, par le biais d'un système fiscal équitablefondé sur les principes d'égalité et de progressivité. Ces obligations ont également été affectées par l'application de l'amnistie, impactant directement la répartition de la charge fiscale, pour trois raisons :
- Le premier changement a consisté à autoriser la régularisation « à un taux réduit », initialement fixé à 10 %, mais ramené de fait à 3 %. Cette mesure s'explique par le fait que l'administration fiscale a autorisé l'exonération des paiements relatifs aux actifs dont la propriété avait déjà expiré, ce qui signifie que leur régularisation était totalement gratuite.
- Elle exemptait les fraudeurs du paiement de toute forme de surtaxe : ni intérêts de retard, ni pénalités pour fraude fiscale, ni aucune autre sanction.
- Elle a converti tous les actifs régularisés en «revenus déclarés à toutes fins utiles», de sorte que les contribuables n'ont pas eu à fournir d'explications supplémentaires à l'administration fiscale.
De ce point de vue, l'amnistie fiscale susmentionnée constituait un renoncement de l'État à son obligation de faire respecter le devoir civique de contribuer aux dépenses publiques en fonction de ses ressources. Elle portait atteinte à l'égalité des Espagnols devant l'administration fiscale, plaçant les fraudeurs fiscaux dans une situation plus favorable que les autres contribuables, sous prétexte de pragmatisme budgétaire, et remettait en cause le principe de progressivité de l'impôt.
Quels sont les effets de cette décision ?
La principale conséquence de la publication de l'arrêt 73/2017 de la Cour constitutionnelle est l'annulation de l'amnistie fiscale instituée par le décret-loi royal 12/2012. Ceci empêche toute justification future d'amnisties fiscales au seul motif d'un déficit public important. Enfin, il convient de noter que les contribuables ayant opté pour la déclaration fiscale simplifiée ne feront l'objet d'aucun contrôle ni d'aucune autre forme d'audit, la Cour ayant estimé que c'était le seul moyen de garantir le principe de sécurité juridique.
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À Àmbit Assessor, SL a 40 ans d'expérience dans le conseil fiscal, comptable et social de la Pime.
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