
Le Conseil des ministres a approuvé en deuxième lecture le projet de loi garantissant le pouvoir d'achat des pensions et d'autres mesures visant à renforcer la viabilité financière et sociale du système de retraite public.
Le Conseil des ministres, lors de sa réunion du 24 août, a approuvé en deuxième lecture le projet de loi garantissant le pouvoir d'achat des pensions et d'autres mesures visant à renforcer la viabilité financière et sociale du système de retraite public.
Ce texte, qui modifie le texte consolidé de la Loi générale sur la sécurité sociale, comprend une part importante des recommandations approuvées par le Pacte de Tolède l'automne dernier, qui sont également intégrées dans le volet 30 du Plan de relance, de transformation et de résilience.
IPC
La nouvelle réglementation instaurera un cadre stable pour les augmentations de pensions. Le nouveau mécanisme prévoit que les pensions seront revalorisées le 1er janvier de chaque année en fonction du taux d'inflation annuel moyen enregistré l'année précédente. En cas d'inflation négative (IPC), le montant des pensions restera inchangé. Ce nouveau mécanisme répond à la Recommandation 2 du Pacte de Tolède, garantit le maintien du pouvoir d'achat des pensions et corrige définitivement la formule introduite en 2013, dont l'application est suspendue depuis 2018.
Classes passives
Parmi les nouveautés, les retraités de la fonction publique bénéficieront de la même régularisation que les autres fonctionnaires en matière de réévaluation et d'incitations au report de leur départ à la retraite.
Retraite
Par ailleurs, plusieurs mesures sont mises en œuvre pour rapprocher volontairement l'âge effectif de la retraite de l'âge normal. À cet égard, quatre options : la révision des départs anticipés à la retraite, qu'ils soient volontaires ou involontaires, et ceux liés à la nature du travail ; le report de la retraite ; la retraite active ; et la retraite obligatoire.
Concernant plus précisément les départs anticipés volontaires à la retraite, les coefficients seront désormais calculés mensuellement afin d'offrir une plus grande flexibilité aux futurs retraités et d'encourager ces départs, avec un traitement plus favorable pour ceux ayant une longue ancienneté de cotisation. Par ailleurs, les coefficients de réduction liés aux départs anticipés à la retraite s'appliqueront au montant de la pension lui-même, et non plus à l'assiette réglementaire, comme c'était le cas auparavant.
En ce qui concerne la retraite anticipée involontaire, deux aspects sont améliorés : premièrement, des coefficients mensuels sont établis au lieu de coefficients trimestriels ; et deuxièmement, pour les deux années précédant immédiatement l’âge normal de la retraite, les mêmes coefficients que dans le cas d’une retraite volontaire sont appliqués pour le calcul de la pension de retraite anticipée involontaire, notamment dans les cas où le nouveau coefficient est plus favorable que celui actuellement en vigueur.
En cas de départ à la retraite différé, le texte prévoit une exonération des cotisations de sécurité sociale pour les aléas courants, à l'exception de l'invalidité temporaire, à compter de la date d'atteinte de l'âge légal de départ à la retraite. Surtout, les incitationset se composent désormais de trois types d'aides pour chaque année de report :
- Un pourcentage supplémentaire de 4 %.
- Un montant forfaitaire calculé en fonction du montant de la pension et récompensant les cotisations effectuées sur une longue période.
- Une combinaison des deux options.
Concernant la retraite obligatoire, le projet de loi stipule que les conventions collectives ne peuvent inclure de clauses permettant la rupture d'un contrat de travail lorsque le salarié atteint l'âge de 68 ans. Cette limite d'âge peut être abaissée dans certains secteurs (codes CNAE) à condition que la participation des femmes dans ces secteurs augmente.
Enfin, dans cette optique visant à promouvoir le maintien des travailleurs âgés sur le marché du travail, une réduction de 75 % des cotisations patronales à la Sécurité sociale pour les aléas courants est instaurée en cas d’incapacité temporaire des travailleurs ayant atteint l’âge de 62 ans.
Renforcer la structure des revenus
Afin de renforcer la structure des recettes du système, le texte prévoit que la loi de finances de l'État inclura chaque année un transfert du budget de l'État vers le budget de la Sécurité sociale pour financer divers postes, permettant ainsi de parachever la séparation des sources de financement, conformément à la première recommandation du Pacte de Tolède de 2020. Ce transfert était déjà inscrit dans le budget de l'État pour 2021.
Le projet de loi, conformément à la recommandation 8 du Pacte de Tolède, fait également référence à la création de l'Agence d'État de sécurité sociale, avec l'engagement de présenter un projet de loi dans un délai de six mois, entre autres points.
Enfin, la clause dite de « sauvegarde » reste indéfiniment en vigueur dans sa réglementation actuelle.
Le texte a été examiné par le Conseil économique et social, qui a émis un avis favorable et a indiqué qu'il considérait essentiel « de maintenir le même esprit de consensus qui a guidé l'élaboration de ce projet de loi préliminaire lorsqu'il s'agira d'aborder son évolution au cours des prochains mois ».
Dès sa première étape au sein du Conseil des ministres, début juillet, le traitement de l'avant-projet a été approuvé en urgence.
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