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Actualités et articles

Travail, 16/09/22

Les points clés de la nouvelle réglementation du travail pour les employés de maison.


 

 

Le 8 septembre, le décret-loi royal 16/2022 du 6 septembre a été publié au Journal officiel de l'État (BOE). Cette loi vise à améliorer les conditions de travail et la protection sociale des employés de maison. Elle cherche notamment à aligner ces derniers sur les autres salariés en matière de rupture de contrat de travail et d'allocations chômage.

Avec une entrée en vigueur le 9 septembre, à quelques exceptions près que nous verrons ci-dessous, le décret-loi royal 16/2022 du 6 septembre (RDL 16/2022) a été publié au BOE, qui améliore les conditions de travail et la sécurité sociale des travailleurs domestiques.

Ce règlement vise à égaliser les conditions de travail et de sécurité sociale des travailleuses domestiques avec celles des autres travailleurs salariés afin de mettre fin à la discrimination historique dont a été victime ce groupe féminisé.

Ce règlement vise à corriger les inégalités dans deux domaines : le système de rupture du contrat de travail et les allocations de chômage ; il garantit également la protection de la sécurité et de la santé des personnes qui composent ce groupe, de manière équivalente aux garanties dont bénéficie tout autre travailleur, conformément à la réglementation antidiscrimination de l’Union européenne et à la Convention n° 189 de l’Organisation internationale du travail, ce qui implique le respect du droit constitutionnel à la santé qui est le droit de toute personne.

Enfin, une couverture en matière de garantie salariale pour les travailleurs domestiques en cas d'insolvabilité ou de faillite de leurs employeurs.

 

PRINCIPALES NOUVELLES FONCTIONNALITÉS

 

1. Égalité de traitement en matière de prévention des risques professionnels

Grâce à l'évolution réglementaire correspondante, un niveau de protection de la sécurité et de la santé des personnes travaillant à domicile est garanti équivalent à celui de tout autre travailleur.

 

2. Garantie salariale, cotisations patronales et intervention de la FOGASA

La garantie salariale est étendue au groupe des travailleurs domestiques, qui sont inclus dans son champ d'application subjectif.

Plus précisément, la relation de travail de ce groupe est intégrée au catalogue des bénéficiaires de l’indemnisation reconnue par le Fonds de garantie des salaires (FOGASA) en cas de licenciement ou de rupture du contrat.

Le règlement relatif à la FOGASA est modifié, reconnaissant d'une part l' obligation des employeurs de services domestiques de cotiser et d'autre part la couverture d'indemnisation des travailleurs domestiques en cas d' insolvabilité ou de faillite de leurs employeurs.

L' indemnité sera calculée sur la base de 12 jours de salaire par année de service, au prorata mensuel des périodes inférieures à un an, avec un maximum de 6 versements mensuels, sans prise en compte du salaire journalier, qui pourra dépasser le double du salaire interprofessionnel minimum, y compris la part proportionnelle des indemnités exceptionnelles.

 

3. Couverture chômage et sécurité sociale

Les modifications réglementaires nécessaires ont été intégrées afin de garantir l'égalité de traitement au sein du système de sécurité sociale pour les travailleurs domestiques et les autres salariés, sans modifier certains aspects de la gestion et de la protection sociale, ni d'autres mesures économiques et sociales qui « n'instaurent pas de traitement différencié injustifié et moins favorable, mais constituent de simples ajustements d'ordre formel et administratif ». Il s'est toutefois avéré nécessaire de modifier la réglementation de la sécurité sociale qui désavantageait particulièrement les travailleuses par rapport aux travailleurs, sans justification fondée sur des facteurs objectifs sans lien avec une quelconque discrimination sexuelle.

Par conséquent, les travailleurs domestiques ne sont plus le seul groupe de travailleurs à ne pas bénéficier de protection en cas de chômage, même si la plupart ont des relations de travail à temps partiel et intermittentes, qui prennent souvent fin brutalement en raison du décès de leurs employeurs et avec un régime de licenciement spécial qui autorisait des licenciements arbitraires et intempestifs sans aucune indemnisation.

En ce qui concerne les modalités de versement de la contribution, elles sont précisées pour 2022 dans la deuxième disposition transitoire du décret-loi royal 16/2022, sans préjudice du fait qu'à compter du 1er janvier 2023, elle sera effectuée conformément à la loi générale correspondante sur le budget de l'État.

Par conséquent, les cotisations sont obligatoires à compter du 1er octobre 2022.Les bases de l'assurance chômage et du calcul des cotisations au Fonds de garantie des salaires (FOGASA) dans le cadre du régime spécial seront celles correspondant aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, et leur détermination, entre le 1er octobre et le 31 décembre 2022, sera ajustée aux dispositions de la loi générale de budget de l'État en vigueur.

Enfin, le contenu de la seizième disposition transitoire du LGSS, qui portait sur les bases et les taux de cotisation ainsi que sur les mesures de protection dans le cadre du régime spécial pour les employés de maison, est mis à jour, notamment avec la nouvelle échelle de rémunération et les bases applicables au cours de l'année 2023 pour les cotisations de sécurité sociale dans le cadre du régime spécial pour les employés de maison :

– Jusqu’en 2022, les salaires et les bases de cotisation seront mis à jour dans la même proportion que l’augmentation du SMI (salaire minimum).

– En 2023, les salaires mensuels et les bases de cotisation suivront le barème suivant :

 

Salaires mensuels et bases de cotisation 2023
Section 1, jusqu'à 269 euros Base : 250,00 euros/mois
Section 2, de 269,01 à 418,00 euros Prix ​​de base : 357,00 euros
Section 3, de 418,01 à 568,00 euros Prix ​​de base : 493,00 euros
Section 4, de 568,01 à 718,00 euros Prix ​​de base : 643,00 euros
Section 5, de 718,01 à 869,00 euros Prix ​​de base : 794,00 euros
Section 6, de 869,01 à 1 017,00 euros Prix ​​de base : 943,00 euros
Section 7, de 1 017,01 à 1 166,669 euros Prix ​​de base : 1 166,70 euros
Niveau 8, à partir de 1 166,67 euros Base : rémunération mensuelle

 

4. Conditions de travail équivalentes. Licenciements

Les différences injustifiées dans les conditions de travail des personnes concernées par la relation d'emploi particulière analysée sont éliminées par rapport au reste des personnes employées.

Ainsi, l'équivalence s'étend aux règles ordinaires d'intervention de la FOGASA, ainsi qu'à la forme même des contrats: présomption de contrat à durée indéterminée et d'horaires à temps plein (sauf preuve contraire), pouvoir d'exiger que le contrat soit formalisé par écrit, droit de recevoir des informations sur les éléments essentiels et les conditions d'exécution du travail, etc.

L’exclusion de la couverture fournie par FOGASA constituait, selon le règlement lui-même, une différence de traitement injustifiée, étant donné qu’il est actuellement possible de déclarer l’insolvabilité des unités familiales en vertu de la loi sur la seconde chance.

Concernant le nouveau système de protection, une restructuration qui aura des effets significatifs concerne les trois nouvelles causes de rupture du contrat de travail (en plus des causes générales prévues à l'article 49.1 du Statut des travailleurs) :

– La diminution des revenus du ménage ou l’augmentation de ses dépenses dues à des circonstances imprévues.

– La modification substantielle des besoins de la cellule familiale qui justifie de se passer du personnel domestique.

– Le comportement de l’employé qui justifie de manière raisonnable et proportionnée la perte de confiance de l’employeur.

Pendant la période de préavis de résiliation (sept jours, ou vingt si la prestation de services a dépassé un an), la personne fournissant des services à temps plein aura droit, sans perte de rémunération, à un congé de six heures par semaine afin de rechercher un nouvel emploi.

Si les conditions relatives à la forme écrite de la notification de licenciement ou à l'octroi d'une indemnité ne sont pas remplies, il sera présumé que l'employeur a opté pour l'application du régime de licenciement pour faute grave.

Délai pour les employés internes : pour ces travailleurs, la décision de licenciement ne peut être mise en œuvre à leur égard entre 19 h et 20 h le lendemain, sauf si la rupture du contrat est motivée par un manquement très grave aux obligations de loyauté et de confiance.

Examen particulier du concept de retrait

Le retrait constituait une « institution exceptionnelle », régie par le décret royal 1620/2011, qui autorisait la rupture unilatérale d'un contrat sans motif, moyennant le versement d'une indemnité. Ce mécanisme juridique n'était présent que dans la réglementation relative au travail domestique et dans le régime particulier applicable aux cadres supérieurs .

Le décret-loi royal lui-même précise que ce mécanisme affaiblit les garanties contre les licenciements abusifs, puisqu'il offre une voie intermédiaire pour valider la rupture du contrat. De ce fait, les employeurs pourraient être tentés d'y recourir (sauf en cas de faute disciplinaire incontestable), compte tenu de l' absence d'obligation de justifier le licenciement et du montant de l'indemnité, inférieur à celui prévu pour un licenciement abusif.

la suppression de cette institution car elle constituait une différence de traitement injustifiée au détriment des travailleurs domestiques, entraînant une plus grande vulnérabilité, une absence de recours légal en cas de discrimination et une précarité accrue pour ce groupe. Comme indiqué précédemment, désormais, le licenciement ne pourra intervenir que pour des motifs justifiés , tenant compte des spécificités de l'emploi domestique.

 

5. Exigences d'inscription à la sécurité sociale

Les demandes d'inscription des travailleurs relevant du Système Spécial doivent inclure, outre les données généralement requises, le code de compte de l'entité financière auprès de laquelle le paiement de la cotisation doit être effectué et les données correspondant au type de contrat de travail et à son contenu minimal, à savoir le nombre d'heures de travail mensuelles et hebdomadaires, le montant du salaire convenu, tant par heure travaillée que mensuellement, y compris la part proportionnelle des paiements extraordinaires, ainsi que, le cas échéant, le montant du salaire mensuel convenu en nature et l'existence ou non d'un accord sur les heures de présence et/ou les heures de nuit, ainsi que la rémunération horaire convenue.

Cette référence entrera en vigueur le 1er janvier 2023.

 

6. Système de bonus

Comme indiqué précédemment, les cotisations à l'assurance chômage et au Fonds de garantie des salaires (FOGASA) sont obligatoires à compter du 1er octobre. Afin d'éviter que ces cotisations ne représentent une charge financière excessive pour les employeurs, ces derniers bénéficieront d'une réduction de 80 % sur leurs cotisations à l'assurance chômage et au FOGASA dans le cadre de ce dispositif spécial.

De plus, la réduction de 20 % de la contribution de l’employeur aux cotisations de sécurité sociale pour les sinistres courants correspondant à ce régime spécial est maintenue.

Ces deux aspects entreront en vigueur le 1er octobre 2022.

En alternative à cette réduction, les employeurs qui affiliéent un travailleur domestique au régime général de sécurité sociale pourront bénéficier, pendant toute la durée de l'affiliation du travailleur, d'une réduction de 45 % ou de 30 % de leurs cotisations patronales de sécurité sociale pour les risques courants, conformément au régime spécial, sous réserve du respect de certaines conditions de patrimoine et/ou de revenus, qui seront définies par voie réglementaire. L'éligibilité à ces réductions de cotisations relève de la compétence du SEPE (Service public de l'emploi de l'État).

Les dispositions du paragraphe précédent auront une date de validité initiale fixée au 1er avril 2023.

 

7. Prise en charge par l'entreprise des obligations de cotisations de sécurité sociale (moins de 60 heures de service par mois)

Il est établi que les employeurs assumeront les obligations de cotisation pour les travailleurs qui fournissent leurs services pendant moins de 60 heures/mois par employeur.

De cette manière, le législateur évite la possibilité que les travailleurs eux-mêmes demandent directement leur affiliation, leur inscription, leur annulation et la modification de leurs données lorsqu'ils y consentent auprès de leurs employeurs.

La date à retenir est le 1er janvier 2023.Durant ce mois, les employeurs doivent fournir au Trésor général de la Sécurité sociale les informations nécessaires au calcul et au paiement des cotisations de Sécurité sociale, et notamment les coordonnées bancaires requises pour le paiement des cotisations, ainsi que l'organisme gestionnaire ou, le cas échéant, l'organisme collaborateur de Sécurité sociale qu'ils choisissent pour la couverture des risques professionnels, à condition que toutes ces informations n'aient pas déjà été fournies.

 

8. Fournir des informations au SEPE

Les autorités fiscales, y compris celles dotées de régimes fiscaux spéciaux, seront tenues de fournir au Service public de l'emploi de l'État les informations relatives aux prestations de cotisation relevant de sa compétence.

 

9. Commission d'étude des maladies professionnelles

Le règlement prévoit également la création d'une commission d'étude dont l'objectif est d'intégrer la perspective de genre dans la liste des maladies professionnelles afin d'identifier et de corriger les lacunes existantes en matière de protection contre les maladies professionnelles dans les emplois principalement exercés par des femmes.

 

10. Évaluation des nouvelles primes dans la contribution

Une autre disposition obligera le gouvernement à réaliser une analyse des nouvelles primes dans le cadre de la contribution au Régime spécial pour les employés de maison, deux ans après l'entrée en vigueur de la règle.

 

11. Accréditation des compétences dans le domaine national

Le gouvernement élaborera des politiques de formation et d'agrément pour les travailleurs domestiques qui se consacrent à la prise en charge ou à l'assistance des personnes au sein du foyer et de la famille. Ces initiatives tiendront compte des conditions de travail spécifiques à ce secteur et des travailleurs qui y exercent leurs activités.

 

12. Régime transitoire

Les dispositions du présent règlement s'appliquent aux contrats en vigueur à compter de la date de son entrée en vigueur.

Les cotisations d'assurance chômage et de FOGASA resteront en vigueur jusqu'au 31 décembre 2022. Les taux applicables du 1er octobre jusqu'à cette date seront les suivants :

– Pour le chômage: 6,05 %, dont 5 % seront à la charge de l’employeur et 1,05 % à celle de l’employé.

– FOGASA: 0,2 %, à payer exclusivement par l’employeur.

Le décret prévoit également le maintien des aides à l'embauche de personnel soignant dans les familles nombreuses : les subventions en vigueur au 1er avril 2023 resteront applicables jusqu'à la date de sortie du régime général de sécurité sociale des personnes qui y ont droit. Ces subventions sont incompatibles avec les nouvelles réductions instaurées par le décret-loi royal.

 

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